PROBLÈME : Léa-Maude semble très peu motivée à aller à la « grande école » en septembre prochain. Comment pouvons-nous l’aider à voir l’école positivement tout en réduisant l’anxiété qui accompagne son entrée scolaire ?
SOLUTIONS :
1-Est-ce que votre enfant a déjà fréquenté un CPE ou une garderie en milieu familial ? Souvent, l’entrée au préscolaire est plus facile pour l’enfant qui a connu ce genre d’encadrement. Il est déjà au courant de règlements semblables à ceux de l’école et retrouvera en plus certains amis de sa garderie dans sa classe. Si ce n’est pas le cas pour votre fille, profitez de l’été pour l’inscrire quelques matins par semaine à une garderie tout près de son école. Cette garderie pourrait aussi vous servir de dépannage éventuellement en cas d’urgence.
2-Lisez à votre enfant des livres d’histoires sur l’entrée à la « grande école ». Votre fille verra qu’elle n’est pas la seule à craindre cette importante transition pourtant pleine de belles surprises. Aussi, prenez le temps de répondre à toutes ses questions pour la rassurer davantage.
3-Si la direction n’offre pas une visite de l’école lors de l’inscription au printemps, contactez-les à la mi-août pour savoir s’il serait possible d’avoir une visite guidée de l’intérieur et de l’extérieur de l’école, des salles de classe, du gymnase, de la bibliothèque, de la garderie et aussi pour vous faire expliquer le déroulement d’une journée au préscolaire.
4-Essayez de toujours parler positivement de l’école. Discutez avec votre fille de vos précieux souvenirs et de vos activités préférées quand vous aviez à peu près son âge. Demandez à des petits voisins ou cousins plus âgés de lui parler de ce qu’ils aiment le plus à l’école. Évitez de discuter d’expériences personnelles plutôt négatives. Rappelez-vous que le fait de dénigrer l’école et le système scolaire devant votre enfant ne fera qu’augmenter son anxiété.
5-Impliquez votre fille dans l’achat d’articles qui lui serviront dès la première journée d’école. (ex. sac d’école, sac à lunch, nouveaux vêtements, articles scolaires, etc.) Elle aura sûrement hâte à la rentrée scolaire pour enfin essayer ses nouveaux articles malgré l’anxiété de séparation tout à fait normale lors d’une telle transition.
6- À partir du mois d’août, commencez à établir une bonne routine du sommeil. Puis, continuez à garder des heures de sommeil régulières car elle sera très fatiguée après ses journées d’école, surtout lors des premiers mois. Parfois, elle aura besoin d’une sieste après sa journée à l’école. Tout à fait normal ! En début d’année, les enfants craignent souvent de s’endormir lors de la détente. Plus l’année avance, plus l’enfant se sent à l’aise de relaxer et même de s’endormir au besoin.
7-Si possible, accompagnez votre enfant la première journée d’école afin de la préparer en douceur. Puis, soyez présent(s) à la sortie pour recueillir ses premières impressions. Exprimez-lui votre joie devant son courage et le fait qu’elle est maintenant une « grande fille ».
8-Gardez les salutations courtes pour lui envoyer le message que vous êtes convaincus que tout ira bien. Ceci permettra de diminuer l’anxiété de séparation et l’apparition de larmes. S’il y a pleurs et cris, partez quand même après vos salutations. L’enseignante prendra la relève pour la rassurer en compagnie des autres enfants moins anxieux.
9-Créez un rituel lors du départ. Par exemple, pour faciliter la transition, vous pouvez lui donner un bizou, lui faire un câlin et lui dire « Je t’aime ma grande ». Et vous partez en envoyant la main.
10-Évitez de partir sans que votre enfant ne s’en aperçoive. Sinon, elle risque d’être encore plus bouleversée par votre disparition.
11-Ne lui demandez surtout pas la permission de partir. S’il y a des jours plus difficiles, ne laissez pas ses pleurs changer votre routine à moins de raisons sérieuses. Dites-lui plutôt : « Salut ma grande ! On se revoit après ta détente. Je t’aime fort ! ».
12- Si l’enfant n’a pas de grand frère ou de sœur pour l’accompagner à tous les jours, trouvez ensemble un(e) ami(e) qui habite sur la même rue ou qui est allé(e) à la même garderie. Vous pouvez vérifier en même temps s’il y a des amis qui iront à la même école et seront dans la même classe qu’elle. Ainsi, votre fille se sentira moins seule lors des premiers jours de classe.
13- À tous les soirs, en examinant l’agenda de votre fille, prenez des nouvelles de sa journée. Puis, permettez-lui de choisir un autocollant qu’elle placera sur un calendrier ou sur une affiche-napperon JE SUIS CAPABLE. Ensuite, ajoutez-y vos propres félicitations. À la fin de septembre, planifiez une petite fête en famille pour célébrer ses nombreux efforts afin de s’intégrer au milieu scolaire.
RÉSULTAT : Un enfant qui devient de plus en plus autonome. En développant sa capacité d’entrer en relation avec les autres, elle pourra mieux s’adapter et s’intégrer au monde scolaire. Ce sont des gains inestimables pour la confiance en soi et l’estime de soi.
Jocelyne Pouliot Bc.Éd. M.A.
RELATION D’AIDE À L’ENFANT
www.jesuiscapable.ca
Ouvrages de références à consulter :
J’ai mal à l’école par M.-C. Béliveau, Hôpital Sainte-Justine, Québec, 2002
Les Psy-trucs par Suzanne Vallières, Les Éditions de l’Homme, 2009
The Big Book of parenting solutions par Dre Michele Borba, Jossey-Bass, 2009